Sénégal / Ousmane Sonko entre révolution populaire et réalité du pouvoir

Ousmane Sonko est aujourd’hui l’incarnation du désir d’une partie de la jeunesse africaine, particulièrement cette nouvelle génération qui rêve de couper le pont entre l’Afrique et l’Occident. D’ailleurs, nombreuses ont été ses sorties médiatiques allant dans ce sens. Mais en face de lui se dresse ce que l’on appelle la realpolitik.

En effet, lorsqu’un dirigeant arrive au pouvoir, aussi radical soit-il, il finit souvent par comprendre qu’une rupture brutale avec la métropole n’est pas aussi simple qu’elle paraît dans les discours politiques.
Mais les leaders trop impulsifs, comme Sonko, qui veulent coûte que coûte imposer cette rupture, finissent généralement par être écartés du système. Ousmane Sonko a d’ailleurs déjà payé le prix de son comportement jugé très impulsif par ses adversaires politiques.

Alors qu’il était maire, le pouvoir en place et ses soutiens avaient déjà aperçu ce qu’il pourrait devenir un jour à la tête du Sénégal. Pour le court-circuiter, il a d’abord fallu l’accuser dans une affaire de viol. Comme si cela ne suffisait pas, les réseaux proches de la métropole ainsi que le régime de Macky Sall auraient tout mis en œuvre pour empêcher son éligibilité à l’élection présidentielle qui conduira finalement Bassirou Diomaye Faye au pouvoir. Sonko avait alors été contraint de céder sa place.

Malheureusement, après l’élection de Diomaye Faye, quelques mois seulement auront suffi pour que les prises de parole répétées de Sonko suscitent des interrogations. Beaucoup se demandaient alors qui était le véritable président du Sénégal. L’homme étant avant tout fait de chair, Diomaye Faye lisait certainement tout ce qui se disait sur sa personne. Même s’il n’a pas voulu entrer immédiatement dans ce jeu politique, il finira par y tomber à pieds joints.

La suite, on la connaît, une guerre de communication interne qui ne disait pas son nom. Cette dissension a ouvert un boulevard aux anti-Sonko qui, depuis le début, ne voulaient pas de lui au sommet de l’État.
Sonko déchu, il retourne donc vers la rue, là où tout avait commencé pour lui politiquement. Mais ce qu’il semble peut-être oublier désormais, c’est qu’il fait face à deux adversaires, les pro-Macky Sall et les pro-Diomaye Faye.

En Afrique, pour écarter un adversaire sérieux à la magistrature suprême, il suffit souvent de l’accuser de détournement ou de mauvaise gestion. Sonko aurait-il été tenté par le pouvoir au point de “mettre plein les poches” lorsqu’il était Premier ministre ? Voilà une interrogation qui pourrait attirer toute l’attention dans les prochains mois.

Sonko reste certes l’homme du peuple, mais paradoxalement, ce sont parfois les désirs de ce même peuple qui l’éloignent du pouvoir. Une autre question se pose désormais, Diomaye Faye va-t-il abdiquer ou neutraliser définitivement son ancien compagnon de lutte ? Cette interrogation, aussi pertinente que curieuse, rappelle une réalité bien connue en Afrique, le pouvoir est doux, et lorsqu’on y goûte une fois, il devient souvent difficile de le laisser.

À 22 ans, Gondo Sahi Mardochée devient le plus jeune avocat de Côte d’Ivoire

À seulement 22 ans, Gondo Sahi Mardochée entre dans l’histoire du Barreau ivoirien. Le 15 janvier 2026, il a prêté serment au Palais de justice d’Abidjan-Plateau, devenant ainsi le plus jeune avocat de Côte d’Ivoire. Une réussite rare qui inspire la jeunesse.

Très brillant dès son jeune âge, il a obtenu son baccalauréat à 14 ans. Ensuite, il a suivi des études de droit avec sérieux et détermination. Il a même été major de sa promotion au Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), une distinction importante pour entrer dans la profession.

La cérémonie de prestation de serment a été un moment solennel, car il s’est fait remarquer par son parcours exceptionnel. Son entrée dans la profession d’avocat montre que la persévérance et le travail peuvent mener loin, même à un âge très jeune.

Originaire de l’ouest de la Côte d’Ivoire, Gondo Sahi Mardochée devient un modèle pour les jeunes. Son histoire prouve que l’excellence est possible quand on se donne les moyens de réussir.

7e sommet UE-UA : le PC Faure Gnassingbé réaffirme l’engagement de son pays pour une paix durable et une stabilité partagée

Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a réaffirmé ce 24 novembre 2025 à Luanda son engagement pour une paix durable et une stabilité partagée. À l’occasion du septième sommet Union européenne-Union africaine, il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique et l’Europe de renforcer leur coopération face aux défis sécuritaires et économiques. « Dans un monde marqué par la défiance et la fragmentation, la paix est redevenue un enjeu global, elle n’est plus un acquis mais un combat quotidien et ce combat, l’Afrique et l’Europe doivent le mener ensemble. La sécurité africaine et la sécurité européenne sont indissociables », a-t-il rappelé.

Pour le Président du Conseil, la paix et la sécurité sont d’abord une responsabilité africaine. « D’abord nous devons reconnaître que la paix et la sécurité sont des biens publics mondiaux dont la première prise en charge est, et reste africaine. La stabilité de l’Afrique conditionne celle du monde », a-t-il souligné. Il a appelé à une coopération qui renforce les institutions régionales, soutient les capacités logistiques et finance durablement la paix sur le continent.

Faure Gnassingbé a également insisté sur la rénovation du multilatéralisme pour construire un ordre mondial plus juste et représentatif. « Le multilatéralisme ne doit pas être abandonné, mais il doit être rénové. Nous assistons aujourd’hui à la fragmentation du monde. Paradoxalement, c’est précisément le moment de défendre un multilatéralisme plus juste et plus représentatif. Nous ne défendons pas le multilatéralisme par nostalgie, mais par nécessité », a-t-il déclaré. Il a rappelé que l’Europe a intérêt à ce que le monde reste gouverné par des règles et non par la loi du plus fort.

Enfin, le Président du Conseil a présenté sa vision d’une architecture de paix commune entre l’Afrique et l’Europe, face aux menaces hybrides comme le terrorisme, la cybercriminalité et la désinformation.
« L’Afrique et l’Europe doivent construire ensemble une architecture de paix complète et commune. Je veux rappeler que la jeunesse africaine sera nécessairement au cœur de cette architecture de paix. Former, écouter et impliquer nos jeunes, c’est investir dans la stabilité de demain, car la paix durable ne se décrète pas, elle s’apprend, elle se construit, elle se transmet », a-t-il affirmé.

Il a conclu en appelant à la solidarité entre les deux continents : « Une Afrique souveraine et stable réduit les vulnérabilités européennes. Une Europe lucide et engagée renforce la sécurité et la souveraineté africaines ».